Données : 2025

PDF

Activité nationale de greffe de CSH

INTRODUCTION

En 2025, 74 centres français ont réalisé des greffes de cellules souches hématopoïétiques (CSH). Cette activité est divisée en deux catégories : greffes allogéniques et greffes autologues. Parmi ces 74 centres, 37 n’ont réalisé que des autogreffes, 2 n’ont réalisé que des allogreffes et 35 ont eu une activité mixte.

En 2025, 4 660 patients ont reçu un ou plusieurs greffons de CSH autologues ou allogéniques, soient 2 341 patients pour 2 496 greffes autologues et 2 319 patients pour 2 334 greffes allogéniques apparentées ou non apparentées. Ces résultats sont établis sur la base de la déclaration des centres de greffe à l’Agence de la biomédecine.

L’activité globale d’allogreffe de CSH a connu une augmentation de 7% en 2025 par rapport à 2024. Le nombre total d’allogreffes réalisées dans les centres autorisés est de 2 334 dont 1 353 en situation non apparentée. (Tableau CSH G1), (Figure CSH G2).

Tableau CSH G1. Evolution du nombre de greffes de CSH

Télécharger le fichier

MATERIEL ET METHODES

Données

Mode de recueil

L’Agence de la biomédecine recueille chaque année :

  • Des informations quantitatives relatives aux greffes : le nombre total de greffes réalisées et le nombre total de patients greffés, par centre et par type de greffe (ces chiffres sont reportés dans les Tableaux CSH G2, CSH G4, CSH G5). Ces données sont obtenues par les déclarations d’activité envoyées par chaque centre de greffe.
  • Des informations qualitatives concernant chaque greffe réalisée pendant l’année en cours (diagnostic, état de la maladie à la greffe, …). Ces données sont saisies par les centres depuis août 2023 dans la base EBMT Registry. Des extractions de cette base fournissent les informations relatives à chaque greffe.

Population étudiée – Exhaustivité

La base de données constituée par l’extraction au 18 juin 2026 des données saisies dans EBMT Registry par les 74 centres de greffe de CSH, comprend pour les greffes 2025 :

  • 2 171 allogreffes pour 2 154 patients : l’exhaustivité des données est de 93% par rapport aux chiffres d’activité communiqués par les centres (Tableau CSH G1), (Tableau CSH G4) et (Tableau CSH G5).
  • En ce qui concerne les autogreffes, seuls les résultats issus des déclarations d’activité des centres seront produits dans ce rapport.

Méthodes statistiques

Les résultats présentés sur les greffes de l’année 2025 ont été obtenus à l’aide des procédures de statistique descriptive du logiciel SAS (version 9.3).

ACTIVITE D’AUTOGREFFE DE CSH GLOBALE

En 2025, tous les centres ont déclaré leur activité d’autogreffe.

2 496 greffes autologues ont été réalisées pour 2 341 patients, qui ont reçu une ou plusieurs autogreffes (Figure CSH G1).

L’activité d’autogreffe n’étant pas soumise à autorisation, il y a probablement une sous-estimation du nombre total d’autogreffes réalisées par an en France, et déclarées à l’Agence de la biomédecine.

Le tableau CSH G2 rapporte l’activité d’autogreffe telle qu’elle a été déclarée par chaque centre. Les greffes autologues ont été réalisées par 72 équipes, parmi lesquelles 16 ont effectué chacune 50 autogreffes ou plus, et 10 moins de 10 autogreffes. Dans 99,7% des cas, le greffon est constitué de cellules souches hématopoïétiques du sang périphérique (CSP), et dans 6 cas la source du greffon était de la moelle osseuse.

Figure CSH G1. Evolution du nombre de patients ayant reçu une autogreffe de CSH

Télécharger le fichier

Tableau CSH G2. Evolution de l'activité d'autogreffe de CSH par équipe

Télécharger le fichier

ACTIVITE D’ALLOGREFFE DE CSH GLOBALE (Adultes et pédiatrie)

En France, en 2025, 38 centres autorisés ont réalisé un total de 2 334 allogreffes de cellules souches hématopoïétiques (CSH). Parmi celles-ci, 1 321 ont été effectuées à partir de donneurs non apparentés, représentant 57 % de l'ensemble des allogreffes, soit une progression de 11 % par rapport à 2024. Dans le même temps, le nombre d'allogreffes réalisées à partir de donneurs apparentés, qu'elles soient haplo-identiques ou non haplo-identiques, est resté stable (Figure CSH G2).

En 2025, un total de 177 prélèvements de moelle osseuse et de 1152 prélèvements de cellules souches périphériques, ainsi que 42 cessions d’unités de sang placentaire, ont permis la constitution de 1 365 greffons de cellules souches hématopoïétiques (CSH) non apparentés. Cette activité est en légère augmentation pour les prélèvements de MO et CSP à partir de donneurs non apparentés, mais en diminution concernant les greffons de sang placentaire.

Les faibles différences observées chaque année entre le nombre de greffons non apparentés constitués pour des patients nationaux et les nombres d’allogreffes non apparentées ont des causes multiples :

  • Certains greffons sont utilisés pour un boost CD34+ et non pour une allogreffe,
  • D’autres ne sont pas injectés, en raison notamment d’une trop faible quantité de cellules collectées ou d’un problème intercurrent survenu chez le patient,
  • Certains greffons prélevés durant l’année sont cryoconservés et injectés l’année d’après,
  • Certaines greffes sont effectuées à partir de fractions congelées de greffons constitués la même année ou antérieurement.

Parmi les situations précédentes, on observe :

  • 11 greffons non apparentés de CSP constitués en 2025 ont été utilisés pour un boost CD34+,
  • 2 greffons n’ont pas été injectés en raison d’un problème lié au patient,
  • 5 greffons non apparentés constitués avant 2025 ont été injectés en 2025 (3 de CSP et 2 USP),
  • 2 greffons non apparentés, constitués en 2025, ont finalement été injectés en 2026 (2 greffons d’USP),
  • 2 fractions congelées de greffons constitués antérieurement ont été injectées en 2025.

Les résultats présentés dans ce chapitre prennent en compte uniquement les greffons injectés en 2025 (quelle que soit l’année du prélèvement du greffon ou de la cession de l’unité de sang placentaire).

L’âge médian des patients allogreffés est de 58 ans chez les adultes (min=18 ans, max=76 ans) et de 8 ans chez les patients pédiatriques (min=0 ans, max=17 ans).

Le Tableau CSH G4 rapporte l’activité d’allogreffe telle qu’elle a été déclarée par chaque centre. Dans la colonne « EBMT Registry » est notée l’activité extraite de la base de données EBMT Registry. En grisé sont indiqués les centres qui ont saisi dans EBMT Registry moins des trois quarts des greffes réalisées.

L’activité d’allogreffe en 2025 se répartit dans 38 centres adultes, pédiatriques, ou mixtes.

Le tableau CSH G5 montre l’activité d’allogreffe de CSH par type de donneur, par source de cellules et par équipe en 2025.

Les figures CSH G4 et CSH G5 représentent les principales indications d’allogreffe. Dans la Figure CSH G4, les autres hémopathies lymphoïdes concernent les lymphomes non Hodgkiniens (187 patients), les lymphomes Hodgkiniens (7 patients), et d’autres pathologies (LLC ou myélomes, 7 patients).

Par ailleurs, un total de 473 patients a reçu, en 2025 après une allogreffe, des injections de lymphocytes du même donneur (DLI), dans le cadre d’une rechute, d’une perte partielle de greffon ou de façon programmée (Tableau CSH G7).

Tableau CSH G3. Activité d’allogreffe de CSH, par type de donneur et d’origine du greffon, en 2025

Télécharger le fichier

Figure CSH G2. Evolution du nombre d’allogreffes de CSH selon le type de donneur

Télécharger le fichier

Figure CSH G3. Evolution de la répartition des sources de greffon de CSH allogéniques

Télécharger le fichier

Tableau CSH G4. Evolution de l'activité d'allogreffe de CSH par équipe

Télécharger le fichier

Tableau CSH G5. Activité d'allogreffe de CSH par type de donneur, par source de cellules et par équipe en 2025

Télécharger le fichier

Tableau CSH G6. Evolution de l’activité d’allogreffe de CSH par région*

Télécharger le fichier

Figure CSH G4. Répartition des indications d’allogreffe de CSH en 2025 (n=2154 patients) *

Télécharger le fichier

Figure CSH G5. Evolution de la répartition des indications d’allogreffe de CSH*

Télécharger le fichier

Tableau CSH G7. Injections de lymphocytes du donneur (DLI) en 2025

Télécharger le fichier

FOCUS SUR L’ACTIVITE D’ALLOGREFFE PEDIATRIQUE (<18 ans)

L’activité d’allogreffe pédiatrique est réalisée en majorité dans des centres exclusivement pédiatriques ou mixtes qui déclarent à l’Agence de la biomédecine leur activité pédiatrique détaillée. Le tableau CSH G8 donne cette activité par centre en 2025.

Parmi les 352 allogreffes pédiatriques déclarées, 323 allogreffes pédiatriques ont été saisies dans la base EBMT Registry pour 314 patients.

Les statistiques qui suivent concernant l’âge des patients pédiatriques allogreffés et le type de pathologie, sont basées exclusivement sur les allogreffes pédiatriques saisies dans la base EBMT Registry.

La répartition entre maladies malignes et non malignes dans les indications d’allogreffe chez les receveurs de moins de 18 ans est présentée dans la Figure CSH G8.

L’activité d’allogreffe de CSH pédiatrique a augmenté entre 2018 et 2025, passant de 287 à 352 allogreffes annuelles (+23 %). Après une période globalement stable entre 2018 et 2024 (287 à 317 procédures par an), l’année 2025 se distingue par une progression de 11 % par rapport à 2024 (352 versus 317 allogreffes) (Tableau CSH G8). Cette activité reste concentrée dans les centres à plus fort volume, notamment Robert-Debré (53 allogreffes), Necker (50), Marseille (41), Lyon (35) et Lille (31), qui représentent près de 60 % de l’activité nationale en 2025. En 2025, parmi les 323 allogreffes pédiatriques enregistrées dans l’EBMT Registry, 193 concernaient des maladies non malignes et 129 des maladies malignes. La moelle osseuse demeure la principale source de greffon (237/323 greffes, soit 74 %). Dans les indications non malignes, les greffes à partir d’un donneur apparenté étaient majoritaires (133/193), tandis que les maladies malignes reposaient davantage sur des donneurs non apparentés (81/129).

Tableau CSH G8. Evolution de l’activité d’allogreffe pédiatrique par centre

Télécharger le fichier

Figure CSH G6. Evolution du nombre d'allogreffes de CSH pédiatriques selon le type de donneur

Télécharger le fichier

Figure CSH G7. Evolution de la répartition des sources de greffon de CSH allogéniques pour les allogreffes pédiatriques

Télécharger le fichier

Figure CSH G8. Proportion de maladies malignes en fonction de l’âge chez les 314 patients de moins de 18 ans ayant reçu, en 2025, une allogreffe de CSH, selon la base EBMT Registry

Télécharger le fichier

Figure CSH G9. Répartition des indications des allogreffes de CSH pédiatriques en 2025 (n = 314 patients)*

Télécharger le fichier

Tableau CSH G9. Nombre d'allogreffes apparentées et non apparentées pédiatriques, en 2025, selon l'origine des CSH et le type de maladie, d'après la base EBMT Registry (323 allogreffes pédiatriques)

Télécharger le fichier

Tableau CSHG10. Injections de lymphocytes du donneur chez des enfants (DLI) en 2025

Télécharger le fichier

CONCLUSION

En 2025, tous les centres répertoriés par l’Agence de la biomédecine ont déclaré 2 496 greffes autologues réalisées pour 2 341 patients.

L’activité d’autogreffe n’étant pas soumise à autorisation, il y a probablement une sous-estimation du nombre total d’autogreffes réalisées par an en France.

En 2025, 38 centres autorisés sur le territoire national ont réalisé un total de 2 334 allogreffes de CSH.

L’activité de greffe à partir de donneurs non apparentés, qui représente 57% du nombre total d’allogreffes, est en progression de 11% par rapport à 2024, alors que l’on observe une stabilité des allogreffes apparentées haplo-identiques ou non haplo-identiques.

L’activité d’allogreffe pédiatrique a progressé de 11 % en 2025, avec 352 greffes réalisées.

Par ailleurs, le développement des greffes intrafamiliales haplo-identiques (greffes HLA semi-compatibles, +16% depuis 2022), a entraîné en France et dans le monde une réduction du nombre d'allogreffes de sang placentaire notamment chez les patients adultes.

Le plan ministériel CSH a tenu compte de cette réalité, et a retenu l’objectif d’un stockage raisonné, et adapté aux besoins, en pédiatrie essentiellement, de nouvelles unités de sang placentaire de grande qualité.

Ainsi, aujourd'hui cohabitent :

  • Les allogreffes de CSH géno-identiques, provenant de frères ou sœurs HLA compatibles (20 %),
  • Les allogreffes phénoidentiques, issues de donneurs compatibles ou d'USP non apparentés aux patients (58 %),
  • Les allogreffes haplo-identiques, effectuées à partir de donneurs familiaux HLA semi-identiques (22 %), offrant ainsi aux cliniciens un éventail de stratégies thérapeutiques adaptées à l'âge des patients, à leur pathologie et au stade de leur maladie.